20th Aug 2017 7:49:00 AM

The Charities | The Children | Dorah Mokoena | Health | Schools / Training | Community | Regional Reports | UMashesha
Home
Ado Balombo Bambula
Agnes Wabiwa
Amanda Simanga
Amina Mahamat
Amukelani Dube
Andani Mphaphuli
Anele Nyongwana
Babalwa Debele
Babalwa Mfengu
Baby Babongile
Bafana Nzima
Basheeba Worlotoe
Benoni
Boipelo Mosegedi
Bongani Madlala
Bongani Phakati
Bonginkosi
Brendan
Busisiwe C
Caroline Gichuki
Chris M
Clara
Deon Slabbert
Doreen
Emmanuel Lawal
Esihle
Evelyn Minto Essono's
Feleng
Franklin
Fursy Mugobe
Gabriel
Gabriel C
Gamuchirai Vanessa Gohodza
Gloria
Gontise Mogotsi
Habiba
Hatendi Simbe
Helen Matondo
Hlumelo Dondashe
Irene Peta
Jabulani Malungane
Jacques Abrahams
Janine Barends
Jose Mvula
Kagiso Maphoso
Kagiso Mathebula
Kagiso Mphuti
Karabo Thebedi
Kedibone
Kenyan
Kezia Fern Samuel
Kjetil Sandivk Havnen
Koketso Sekuru
Lathlehele
Lee Branco
Liane Grond
Lida Basson
Loide
Londeka Ngidi
Maje
Mbali
Michelle Ecape
Michelle Mthenjwa
Mimi
Mitta
Mlungisi
Mohau Qumpula
Mpho Maja
Munashe
Mungo Nete
Musa Zwane
Musiwa
Neliswe Radebe
Nelson Tsabalala
Nkosi Ncube
Nkululeko
Nkululeko Jnr
Nomthandazo Shongwe
Nosihle
Nsizwa Vilakazi
Nthabiseng
Nyakallo
Oscar Mlondolozi Hadebe
Perlucia
Phillip Lesingaran
Phindile
Piet Moloja
Rachid
Reagan
Rien ne Dit
Rolivhuwa Matodzi
Rose Wambua
Rumbi
Saloma Aphanye
Sameh Chiboub
Samkelo Somi
Samukelo Radebe
Seetsa Mosoma
Seif
Seiso
Selamawit
Shaun
Shaun Hart
Shirley Seqobane
Sicelo
Simamkele
Sithembiso Hlatshwayo
SiyaAndile
Siyabonga Morwasetla
Siyabonga Nokumbi
Siyamthanda
Sizwe
Steven Marakeng Mpyana
Sthabile
Sunday Mukaza
Tapera Jani
Tavonga
Tembakazi
Tendani Yaka
Thando
Thapelo
Thomas
Thulani Nhleko
Tshepiso Maimela
Tshepiso Sekuru
Vhahangwele Matodz
Violet Chibvura
Vivian
Vusi Mathibela
William B
Xavier
Yassine Ben Ali
Zanele Jeza
Zianda Ndlovu
Zipho Zwane
Ado Balombo Bambula


Le garçon qui a perdu son passé…

Robyn Aris, bénévole á l'association des brûlés de Johannesburg écrit ici á propos d'un jeune homme dont l'apparence l'a troublée.

La première fois, je n'ai pas réussi á l'écouter… Hypnotisée par son apparence et son doux accent francophone, la concentration fut difficile. Avec des traducteurs français, j'ai toutefois commencé á rassembler les pièces du puzzle qui racontent le passé d'un garçon gravement brûlé au Congo.

Ado Balombo Bambula est né dans la banlieue Debonom, á Kinshasa. Etant le plus brillant des six enfants de sa famille, son oncle l'a encouragé á aller au lycée pour lui garantir un avenir et pour être sûr qu'il soit capable d'assurer les besoins de la famille, son père étant mort d'une attaque cardiaque á l'âge de 44 ans. Sa mère n'est jamais allée á l'école et essaie de survivre en vendant du riz dans les allées boueuses du marché Gambela de Kinshasa.

Bien qu'Ado ait réussi á obtenir un diplôme d'électricien après le lycée, il a été incapable de trouver du travail á Kinshasa. Il a donc travaillé comme chauffeur pour soutenir sa famille après la mort de son père.

Une nuit changea son destin. La chaleur était caractéristique des étés tropicaux congolais (les températures atteignent habituellement 40 degrés et l'air est très humide durant la saison des pluies, d'octobre á avril). Tout á coup, la voiture qu'Ado conduisait surchauffa et prit feu. Ado n'a pas pu s'enfuir et il a été brûlé au troisième degré sur tout son corps, excepté sur une partie de son visage et de ses mains.

Ado explique les circonstances qui ont mené á l'explosion de la voiture : " après la mort de mon père, j'ai dû quitter mes études et trouver un petit travail pour survivre. J'ai donc été chauffeur personnel d'un docteur. Un samedi soir, en dehors de mes heures de travail, le jeune frère de mon patron, Luc, me demanda de l'emmener á une fête. Malheureusement, la voiture tomba en panne sur la route. Luc et ses amis qui nous avaient rejoints m'ont demandé de les amener á la fête quoiqu'il arrive, et peu importe l'état de la voiture. Finalement, j'ai réussi á faire redémarrer la voiture, mais un kilomètre avant d'arriver, j'ai entendu une explosion et la voiture á prit feu très rapidement du côté du chauffeur. Les flammes ont pénétré très rapidement á l'intérieur et m'ont très vite atteint. J'ai sauté hors de la voiture aussi vite que j'ai pu. Luc et ses amis ne m'ont pas aidé. Ils m'ont abandonné sur la route, seul, á deux heures du matin. Heureusement, avec l'aide de quelques enfants des rues, j'ai pu me traîner jusqu'á une gouttière. Luc était parti, mais les enfants des rues ont attrapé l'un de ses amis et l'ont forcé á m'emmener á la clinique la plus proche.

Comme si cette expérience n'avait pas suffi, Ado a découvert très vite qu'il était prédisposé héréditairement á une forme de cicatrice, appelée chéloïdes.

Ces surcroissances qui ressemblent á des tumeurs se forment quand le collagène naturel, qui facilite la cicatrisation, se produit en trop grande quantité. Les chéloïdes ne peuvent pas être simplement enlevés : ils ont tendance á réapparaître très rapidement, et parfois plus gros qu'auparavant.

Ainsi, les oreilles d'Ado ressemblent á des feuilles de choux et le poids de ses chéloïdes lui fait bouger ses oreilles de bas en haut quand il marche. Sa poitrine, ses bras, ses jambes et ses mains ont tous des chéloïdes sur leur surface. La première fois que je l'ai vu, j'ai détourné mes yeux très rapidement : une réaction qu'il doit affronter dès qu'il quitte son chez-lui. Ado est choquant á voir.

Mais le plus triste dans l'histoire d'Ado n'a pas encore été révélé. Il explique qu'après son accident, après être resté un an á l'hôpital, il a perdu son passé. Il ne pouvait plus travailler (j'y reviendrai plus tard), et pire que tout, ses amis ne voulaient plus être vus en sa compagnie dans les rues. Les gens de la banlieue de Debonom sont peut-être les plus pauvres du pays, mais ils ont une image á laquelle ils tiennent au sein de la communauté.

Sa petite amie, Charti, 22 ans, est venue lui rendre visite deux fois lors de son séjour á l'hôpital. Ensuite, il ne l'a plus jamais revue. Il explique á quel point il était choqué par sa propre apparence. J'imagine que Charti le fut aussi. C'est inimaginable de penser qu'Ado aura á nouveau une relation amoureuse.

Ado passe la plupart de son temps á l'intérieur, non pas á cause des personnes qui le regardent ou murmurent á son passage -il a appris á faire face á ces comportements- mais plutôt car la chaleur est beaucoup trop inconfortable pour lui. Il explique que les chéloïdes semblent absorber la chaleur, que des abcès se forment quand il fait trop chaud prenant une couleur jaune pâle... Il fait de son mieux pour rester au frais, mais sans climatisation et avec un toit en fer, il s'assoit souvent seul dans sa maison qui devient un véritable four et où ses chéloïdes grandissent á vue d'œil. Il sort uniquement au petit matin pour aller chercher de l'eau. Il n'est plus question pour lui d'être chauffeur.

L'oncle d'Ado travaille dans un magasin qui répare de l'électronique, il a donné á la famille une petite maison en brique, constituée d'une pièce et d'un sol en béton. Six membres de la famille y dorment (La plus âgée des sœurs d'Ado est maintenant mariée et vit avec son mari). La famille prend sa toilette dehors, avec un baquet d'eau.

Une fois par semaine, la famille a accès á l'électricité pour quelques heures seulement, et ils sont chanceux de pouvoir utiliser l'eau courante du robinet des voisins. Il n'y a pas d'eau chaude, il la réchauffe donc en la faisant bouillir sur un feu.

Ado est un jeune homme gentil, qui a d'excellentes manières, malgré son passé difficile. Il demande au traducteur français s'il peut s'asseoir á la table du dîner avant que nous commencions l'interview. Il accepte poliment un verre de jus de fruit de notre hôte, cela lui soulageant les irritations de ses chéloïdes…

Avec une opération correcte, le visage et la vie d'Ado pourraient prendre une nouvelle forme. Alistair Lamont, une chirurgienne plastique basée á Johannesburg dit " nous avons réussi á faire des injections de bléomycine, un médicament contre le cancer et de cortisone une fois par mois. Après plusieurs injections, les chéloïdes deviennent moins visibles et leur taille diminue en trois ou six mois. Ces injections, combinées avec le port de vêtements qui exercent une pression sur les cicatrices réussissent. Les stéroides ne sont pas appropriés car ils sont utilisés après des opérations pour prévenir des chéloïdes, plutôt que pour les traiter. Il y a de nombreux effets secondaires á prendre en compte : la bléomycine peut causer des problèmes pulmonaires et la cortisone affaiblit le système immunitaire et laisse le corps non protégé contre certains pathogènes, entraînant des pertes de poids, une tension artérielle altérée…

Mais Ado veut oser prendre ce risque si cela signifie qu'il sera de nouveau accepté par la société. Il a besoin de retrouver son passé perdu.

Ado is a DRC car fire survivor





















Ado Balombo's ears with keloids from car fire burns, viewed from behind, January 2011.



























English text; French text below.

In December 2009 Bambula Balombo wrote to the charity from Kinshasa, Democratic Republic of the Congo, asking for help. The 27 year old young man was terribly burned when he was 23 years old, when the car he was in caught fire.

The photo on the bed was taken ten days after the incident, as he lay in a coma.

As the DRC does not remotely have the capability to restore this young man’s appearance, Children of Fire hopes that the former colonial power Belgium might offer to assist. Our first priority would be to reduce the keloiding on his ears.

This is Bambula’s story:

I was born on 21st May 1982 and I was burned at the age of 23 years 5 months, on 15th November 2005 at 2 a.m. in a car explosion.

After the death of my father, my uncle took me in, but under not very good conditions, as I was forced to quit my studies in order to find a means of survival.

I was already driving my uncle’s car at 18, and after the death of my uncle, I had to look for a job, which I found as a personal driver for a doctor.

Briefly, I worked for six months without a problem, then one Saturday, outside my normal working hours, my boss’s young brother (Luc) asked me to go with him to a party. I accepted, and we left at about 9pm, to get to the area in which the party was held. Luc made a phone call and told me that he had called the friend who had invited him so that he could guide us to the exact place where the party was. After a few minutes, his friend joined him where we were, they walked away to chat a bit , and after that Luc told me that we were all going to pick up his friend’s girlfriend. We left, but several metres before we reached the street where the girlfriend lived, the car broke down. Luc’s friend asked us to stay there and fix the car, and he went off to get his girlfriend. When he came back, he asked if the car was fixed, and I told him the car wouldn’t go.

Luc and his friend told me to do what I could to get us to the party with the car, whatever its condition, and I did my best to start it. When we were going back to the place where the party was being held, after 1km the car stopped again, then Luc and his friend got out to push it and asked me to start it again, and the car started. After 5m I heard an explosion and there were flames on the driver’s side. As the car was a Toyota Litehiace, with a right-hand steering wheel, the flames engulfed the interior, and me too. As the car was going slowly, I jumped out but it was too late, and as it was 2.00am there was nobody around to help. Luc and his friend did not help – I saved myself, and miraculously I came to a gutter where the street children gave me first aid. Luc ran away but the street children caught his friend and forced him to take me to a nearby Polyclinic where I fell into a coma. Luckily, I had given one of the street children the phone number of a member of my family, to tell them what had happened. In the morning, the family came to the hospital, and arranged for me to be transferred to the teaching clinic in Kinshasa, where I remained and was treated for a year. After that, I was at home for 2 years, undergoing regular physiotherapy.

As my health has still not improved, I am forced to see help so that I may get the proper care because I have suffered for four years.

J’ai été brulé le 15/11/2005 à 2h00'

Je me suis brulé dans une explosion de voiture

J’ai 27 ans

Je suis né le 21 Mais 1982

Après la mort de mon père mon oncle m’avait hébergé mais les conditions n’étaient pas favorables pour cela, j’étais obligé d’interrompre mes études pour chercher de quoi survivre.

Je conduisais la voiture de mon oncle déjà à l’âge de 18 ans et après la mort de mon oncle je me suis fait l’obligation de cherche un emploi que j’ai trouvé chez un médecin comme chauffeur personnel. Pour la brève histoire j’ai travaillé pendant 6 mois sans problèmes un certain samedi en dehors de mes heures de travail le petit frère de mon boss (Luc) m’avait demande de l’accompagner à une fête j’accepte, c’était vers 21h nous sommes partie, arriver au quartier où dévait avoir lieu la fête, Luc fait un appel téléphonique et me dit qu’il appel celui qui la inviter (son ami) pour nous guider a l’endroit exact de la fête après quelques minutes son ami nous rejoint là où nous étions, ils se retirent pour causer en particulier après le causerie Luc m’avait dit qu’on part ensemble pour prendre la copine de son ami ; nous sommes parti mais quelques mètres avant la rue où habité la copine, la voiture tomba en panne, l’ami de Luc nous demanda de rester réparer la voiture et il est parti prendre sa copine. De son retour, il me demanda si la voiture était réparée et j’ai répondu que la voiture ne pouvait pas rouler.

Luc et son ami me dit de faire mon possible pour qu’on arrive à la fête avec la voiture malgré son état, j’avais fait de mon mieux pour la démarrer ; de notre retour à l'endroit où devait avoir lieu la fête, après 1 Km la voiture retomba en panne alors Luc et son ami sont descendus pour la pousser et me demanda de la redémarrer et la voiture redémarra. Après 5m, j’ai entendu une explosion accompagnée de flamme au niveau de la cabine du chauffeur. Comme la voiture était de marque Toyota Litehiace, volant droit, la flamme avait envahie toute la cabine et moi y compris. Comme la voiture roule à une faible vitesse j’avais sauté mais c’était trop tard, la flamme m’avait brûlé comme c’était vers 2h du matin il n'y avait aucun secours. Luc et son ami n’ont pas intervenus je me suis battu seul et miraculeusement je me suis retrouver dans un caniveau où les enfants de la rue m’ont donné le 1er secours Luc s’est enfui mais son ami saisi par les enfants de la rue qui ont obligé à ce dernier de me conduire à une Polyclinique proche où j’étais entré en coma. Par prudence, j’avais donné le numéro de téléphone d’un membre de ma famille à un enfant de la rue pour transmettre ce qui s'est passé.

Le matin la famille est venue à l’hôpital, elle a pris des dispositions pour me transférer à la clinique universitaire de Kinshasa où j’avais fait une année de traitement, après la clinique j’avais fait 2 ans à la maison sous la cunesithérapie continu.

Comme ma santé ne s’améliorait pas toujours, j’étais obligé de chercher de l’aide pour que je puisse avoir de soins appropriés pour mon cas parce que je suis souffrant pendant 4 ans.





book marktell a friendprint page
This material is Copyright © The Dorah Mokoena Charitable Trust and/or Children of Fire , 1998-2017.
Distribution or re-transmission of this material, excluding the Schools' Guide, is expressly forbidden without prior permission of the Trust.
For further information, email firechildren@icon.co.za